飛了 / M'envoler

Si seulement je pouvais

飛了 / M'envoler
Lia & 我

凌晨兩點二十一分,當你們還在酣眠的時候。我的思想召喚著我,走上了天台
,那是頂樓寬闊的地方。那里有冷風,但是沒有雨。思想它告訴我說,去吧,變成你心裡的那隻雄鷹好了。我便縱身一躍,把自己交付給一團愜意的空虛。

Deux heures vingt et une du matin. Tandis que vous dormiez encore d’un sommeil profond, mes pensées m’ont appelé. Elles m’ont conduit jusqu’au toit-terrasse, vaste étendue suspendue au-dessus de la ville. Là-haut, le vent soufflait, mais la pluie s’était absentée.

Mes pensées m’ont soufflé :

— Va. Deviens donc cet aigle qui habite ton cœur.
我緊閉著雙眼,盡情享受著極速下降的失重的快感,還有耳邊飛馳而過的風。
雖然就只有幾秒鐘,可卻倒也酣暢淋漓。偶爾,張開的雙臂陡然有了羽毛的感覺。那生長的速度固然不及下降的快。卻儼然是我不懈努力的見證。我給自己了一次痛快。隨著接下來的轟然一聲巨響。草地上有了我的輪廓。思想從頂樓探出頭來看了看我。一側的嘴角微微上揚。眼睛裡流淌出來的卻是一股子不屑。草地上仰臥的我甚至可以聽到它的譏諷。諷刺的是,我居然也不在乎了。因為我實在無法分清楚,我騰空而起的那一瞬間,究竟是它的慫恿還是我的決定。草地因為露水打濕了的緣故,四處散發著清香。我隱約中仿佛回到了童年,老樓腳下那條人工河兩岸的草地。那時我很喜歡鑽進去躲在裡面。感覺是在冒險。走運的話,偶爾還可以拾到可以吃的野果。唯一不同的是。記憶中的草地上是灑滿了陽光的。有夏天的味道。現下這草地是冰涼的。

Alors je me suis élancé dans le vide, me livrant tout entier à une vacuité délicieuse.

Les yeux fermés, je savourais pleinement l’ivresse de la chute, cette sensation d’apesanteur née de la vitesse, tandis que le vent déchirait l’air à mes oreilles. Cela n’a duré que quelques secondes, mais elles furent d’une intensité presque souveraine. Par instants, mes bras ouverts me donnaient l’impression de se couvrir de plumes. Certes, elles poussaient moins vite que je ne tombais, mais elles demeuraient le témoignage obstiné de mes efforts.

Je me suis enfin offert ce soulagement absolu.

Puis vint le fracas.

Sur l’herbe demeura l’empreinte de mon corps.

Mes pensées se penchèrent depuis le sommet de l’immeuble pour m’observer. Un coin de leurs lèvres se releva imperceptiblement. Pourtant, ce qui coulait de leurs yeux n’avait rien d’un sourire : c’était du mépris. Allongé sur la pelouse, je pouvais presque entendre leur sarcasme.

Le plus ironique, c’est que cela m’était désormais égal.

Car j’étais incapable de savoir si, au moment où mes pieds avaient quitté le bord du toit, c’était elles qui m’avaient poussé, ou si cette décision avait toujours été la mienne.

L’herbe, alourdie par la rosée, exhalait un parfum humide. Peu à peu, elle me ramena vers l’enfance, vers cette bande de gazon qui longeait le canal artificiel au pied de notre vieil immeuble. J’aimais m’y glisser, disparaître entre les hautes herbes comme si je partais à l’aventure. Avec un peu de chance, j’y trouvais parfois quelques baies sauvages, assez mûres pour être mangées.

Une seule chose avait changé.

Dans mon souvenir, cette herbe baignait dans la lumière. Elle avait le goût de l’été.

Celle qui me portait maintenant était froide.
草地上是種了樹的,雖然為數不多,可也足以遮擋大部分原本可見的星空。我嘗試著從樹葉的縫隙中間放飛我的視線。吃力而且終究徒勞,因為凌晨時分的黑暗是濃密的。何況我很累了,開始有了不切時宜的睏意。我百般刁難自己的力氣逐漸退卻。眼睛越來越沒有了睜著的力氣。我感覺到了另外一個世界,一個空間的召喚。似乎看見刺眼的光亮。我騰空而起,拋開了肉體凡胎。渾身赤裸,挺直了脊梁。全身上下似乎發光了的樣子。從此不再需要五官的感知。我低下頭來,看著不再有生機的肉體在草地上。多多少少還是有些傷感。可是我還是毅然決然的朝上空飛去。
我孤獨的飛了。

Quelques arbres y avaient été plantés. Ils n’étaient pas nombreux, mais suffisants pour dérober à mon regard la plus grande partie du ciel étoilé. J’essayai malgré tout de faire passer mon regard entre les interstices des feuilles. C’était un effort inutile. L’obscurité de l’aube était trop dense. Et puis j’étais fatigué. Une somnolence, déplacée dans un tel instant, commençait à m’envahir.

Peu à peu, l’énergie que je consacrais à me tourmenter moi-même s’évanouissait. Mes paupières devenaient de plus en plus lourdes.

Alors je sentis l’appel d’un autre monde.

D’un autre espace.

Il me sembla apercevoir une lumière aveuglante.

Je m’élevai, abandonnant derrière moi cette enveloppe de chair. Nu, le dos parfaitement droit, je montais. Il me semblait que tout mon corps rayonnait. Je n’avais plus besoin des yeux, ni des oreilles, ni d’aucun des sens qui avaient autrefois défini mon existence.

Je baissai les yeux.

Mon corps, privé de toute vie, reposait toujours sur l’herbe.

Une tristesse discrète me traversa malgré tout.

Puis je poursuivis mon ascension, sans hésiter.

J’ai continué à voler.

Seul.