巴黎的雪 / La neige parisienne

Le temps qui fait le travaille à ma place.

巴黎的雪 / La neige parisienne
Lya & 我

入秋以后,巴黎的风开始变得如同哮喘发作般急促。它沿着老旧的街道左拐右弯,从塞纳河北岸吹来,穿过石桥和咖啡馆门口的遮棚,贴近行人的外套。凉意并不刺骨,却持续不断,像一种无法被忽略的存在,在城市表面反复确认自己的位置。

À l’entrée de l’automne, le vent parisien devient haletant tel qu'un patient asthmatique. Il serpente dans les rues pavées, depuis la rive droite de la Seine, traverse les ponts et les auvents des cafés, s'accroche aux manteaux des passants. Le froid n’est pas mordant, mais persistant tel une présence qui revient, obstinée, confirmer sa place à la surface de la ville.

那天清晨,我照例推开卧室的落地窗。还没睁眼,就先吸了一口空气。冷而干净,带着金属般的清脆。再睁开时,街道已经换了模样。 白雪覆盖了人行道、屋顶和停靠一夜的汽车。巴黎忽然安静下来,安静得让我一时无法判断,这是变化,还是某种暂时的失语。

Ce matin-là, comme à mon habitude, j’ai ouvert la baie vitrée. Avant de regarder, j’ai inspiré. L’air était froid, net, presque métallique. Lorsque j’ai regardé dehors, la rue avait changé : la neige recouvrait les trottoirs, les toits, les voitures garées dehors toute la nuit. Paris s’était tue, au point que je ne savais plus s’il s’agissait d’une transformation définitive ou d’une suspension provisoire.

我确实感到了一种游离在不稳定的呼吸节奏间的危险快感。雪覆盖一切,看上去一视同仁,像是为城市按下了暂停键。脚步声消失了,语言仿佛也被吸进厚厚的白色里。我站在窗前,意识到这种安静并不要求回应,也不索取立场。它只是存在。

J'ai ressenti une versatilité dangereuse qui vagabonde entre les à-coups de respiration. La neige couvrait tout, apparemment sans distinction. Les pas avaient disparu, et la parole elle-même semblait absorbée par l’épaisseur blanche. Debout devant la fenêtre, je constatais que ce silence ne réclamait rien. Il n’attendait aucune réponse, ne proposait aucune position.

我几乎愿意相信,这种状态意味着某种接纳。但很快我意识到,正是因为我的可有可无,这座城市才显得如此温和。雪让差异暂时隐去,却并没有消失。它只是让人们暂停辨认彼此。

J’ai presque cru y reconnaître une forme d'acceptation. Mais il m’est vite apparu que cette douceur tenait peut-être à autre chose : à mon insignifiance. La neige effaçait provisoirement les différences sans les abolir. Elle interrompait seulement l’exercice de la reconnaissance entre nous.

接下来的几天,我刻意选择不同的往返路线。这并不是因为时间充裕,而是我暂时不想太快回到那些必须被使用的语言里。走在尚未被踩实的雪面上,看见鸟的爪印零散地留在街角,又很快被新的雪覆盖。法国梧桐在寒风中抖落最后几片叶子,枝干裸露,像被保留却不再被期待的证据。

Les jours suivants, j’ai choisi volontairement d’autres trajets inhabituels. Non par disponibilité, mais pour retarder le retour vers des mots qu’il fallait de nouveau employés. Sur la neige encore intacte, des traces d’oiseaux apparaissaient aux angles des rues, vite recouvertes. Les platanes perdaient leurs dernières feuilles en se secouant; leurs branches nues demeuraient comme des preuves conservées, sans destination.

在那些时刻,异乡并不显得喧闹。它安静,克制,甚至体贴。但这种体贴让我隐约不安。没有人询问我的来处,也没有人要求我解释去向。我被允许停留,呼吸,却并未被真正纳入任何叙述。

À ces moments-là, l’ailleurs ne se manifestait pas par le bruit. Il se tenait dans une retenue presque méthodique. Personne ne me demandait d’où je venais, ni où j’allais. J’étais là, simplement, sans être requis.

雪终究留不住。气温回升的午后,融化的雪水从屋檐滴落,沿着石阶流走。街道重新响起人声,咖啡馆的椅子被搬回室外,城市恢复了熟悉而高效的节奏。一切运转如常,仿佛那场雪只是一次短暂的误判。

La neige, pourtant, ne pouvait être retenue. Lors des après-midis plus doux, l’eau de la fonte gouttait des toits, suivait les marches de pierre. Les voix revinrent, les terrasses des cafés furent garnies, et la ville reprit son rythme familier. Tout fonctionnait à nouveau, comme si la neige avait été une parenthèse mal évaluée.

当白色褪尽,我才意识到自己开始怀念它。并非雪本身,而是这几天里,我不必立即被识别、不必迅速归类的状态。雪消失之后,巴黎重新吐纳,而我再次需要确认,自己是否仍然站在它的喘息之间。

Lorsque le blanc disparut, je compris ce qui m’avait rendu nostalgique. Non la neige elle-même, mais ce bref intervalle où je n’avais pas encore à être identifié. Quand Paris recommença à respirer, il me fallut vérifier, une fois de plus, la place que j’occupais entre ses mouvements.